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Intimidation
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L’intimidation est l'action d'intimider, de faire peur à quelqu'un ; c'est aussi le résultat de cette actioncite-ref-1[1]. Elle peut aussi être définie comme « des pressions destinées à dissuader une personne de faire son devoir ou de faire valoir ses droits. »cite-ref-2[2].

L'intimidation peut s'exprimer sous forme de violence psychologique et physique et avoir des répercussions traumatiquescite-ref-3[3]. Certaines formes d'intimidations sont illégales, notamment le terrorismecite-ref-4[4].

Contents

Canada
France

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Histoire

Les Romains accordaient de l'importance à l'uniforme, les drapeaux, les symboles, les étendards et musiques militaires, pour donner à leurs légions l'aspect de machine de guerre, et à cet effet intimider et démoraliser l'armée ennemie.[réf. nécessaire]

Psychologie sociale

Caractéristiques

L'intimidation peut se manifester de plusieurs manières. Ces méthodes peuvent inclure violences physiques, regards noirs, manipulation émotionnelle, abus verbaux, bizutages et / ou autres formes d'agression pouvant avoir pour conséquence une baisse de l'égo. Ce comportement peut également inclure des commentaires ou insultes humiliants, des propositions obscènes, des blocages physiques empêchant ou bloquant les mouvements ou autres empêchant une activité quotidiennecite-ref-harassment-5-0[5]. Elle peut également faire partie d'une menace délinquante et ainsi aboutir à une violencecite-ref-6[6]. Elle peut également être utilisée pour soustraire quelqu'un à la menace ou au chantage.

Il n'est pas prouvé que l'intimidation doive nécessairement être violente pour causer la peur ou l'effroicite-ref-7[7].

Dominance

L'intimidation est le résultat d'une réticence à engager une confrontation ou menacer de violencecite-ref-8[8]. L'intimidation peut être un « comportement compensatoire » et également un processus inconscient.

L'intimidation et les menaces ont pour résultat une diminution de la productivité dans les relations hiérarchiquescite-ref-9[9].

Le harcèlement comprend des intimidations et peut mener les victimes à développer des troubles psychologiques et à adopter des comportements violents, d'automutilation ou suicidairescite-ref-10[10].

Le viol et l'abus sexuel sont des processus conscients utilisés pour intimider le partenaire d'une relation conjugalecite-ref-11[11] et comme arme psychologique dans un conflit armé. Il est néanmoins difficile de différencier l'intimidation du « hooliganisme »cite-ref-12[12]. Le cri de guerre a de même un impact psychologique sur l'armée ennemie, et vise notamment à l'intimider.

L'intimidation scolaire s'exprime à travers diverses stratégies. Un enfant est victime d'intimidation quand des propos blessants et désagréables sont diffusés à son égard, quand il est frappé et menacé ou que l'on organise son isolement social. La cyberintimidation est utilisée par certains agresseurs, et peut provoquer chez la victime des problèmes sur les plans psychosociaux, affectifs et scolairescite-ref-13[13].

Discrimination

L'intimidation liée à un préjudice et une discrimination peut inclure un comportement « agaçant, menaçant, intimidant, qui alerte ou qui fait sentir un sentiment d'insécurité chez un autre individu en raison de la race, couleur de peau, les origines, racines ethniques, l'orientation sexuelle, la religion, les pratiques religieuses, l'âge ou d'un handicap sexuel ou mental, peu importe si cette perception est correcte ou noncite-ref-harassment-5-1[5]. »

Intimidation dans un contexte de violence conjugale

Dans une relation de couple, l’intimidation regroupe des tactiques visant à inspirer la peur et à maintenir la victime dans une position de soumission. Elle peut se manifester par des menaces, la destruction d’objets, la surveillance intrusive, des humiliations répétées ou la privation de biens essentiels. Le professeur Janet Mosher souligne que ces actes ne sont pas des épisodes isolés, mais des composantes d’une dynamique relationnelle abusivecite-ref-14[14].

Certains chercheurs, dont Evan Stark, interprètent l’intimidation comme un élément central d’un modèle plus large appelé emprise coercitive conjugale ou « contrôle coercitif » (coercive control), qui combine violences physiques et psychologiques pour instaurer un état de dépendance et de privation de libertécite-ref-15[15]. Dans cette perspective, l’intimidation sert à « instiller la peur, la dépendance, la conformité, la loyauté et la honte », notamment au moyen de menaces, de surveillance et de destructions de bienscite-ref-1-16-0[16].

Intimidation animale

L'intimidation est utilisée par diverses espèces du règne animal pour dissuader d'éventuels prédateurs. Certains vertébrés ont développé des évolutions physiologiques : accroissement exagéré de la masse corporelle (poissons, grenouilles, crapauds,..), développement de parures (pelage et plumage), crêtes et pics ainsi que des ailes chez des reptiles et oiseaux. Des sons et des odeurs spécifiques sont également émis pour intimider. Certains prédateurs possèdent des cornes et des dentures menaçantescite-ref-17[17].

Droit par pays

Canada

En droit pénal canadien, l'intimidation est une infraction pénale prévue à l'article 423 du Code criminelcite-ref-18[18] :

En common law canadienne, lorsqu'une campagne d'intimidation crée un risque crédible que l'intimidation entraînera un passage à l'acte vers la violence physique, le délit civil de voie de fait peut trouver application, car ce délit civil n'englobe pas seulement les violences physiques, il inclut aussi les menaces crédibles de passer à l'action, d'après l'arrêt Warman de la Cour supérieure de justice de l'Ontariocite-ref-19[19] et les auteurs Linden, Klar et Feldhausencite-ref-20[20].

Sous l'angle du droit civil québécois, l'intimidation est une faute extracontractuelle au sens de l'article 1457 du Code civil du Québeccite-ref-21[21] et de la doctrine des auteurs Baudouin, Deslauriers et Moorecite-ref-22[22]

France

Notes et références

cite-note-11. « INTIMIDATION : Définition de INTIMIDATION », sur www.cnrtl.fr (consulté le 27 juin 2018)
cite-note-22. gomez-del-prado2012gr-gory-gomez-del-prado2012Grégory Gomez del Prado, « Intimidation en milieu carcéral : effet sur les pratiques professionnelles des agents correctionnels du Québec », Criminologie, vol. 45, no 2,‎ 2012, p. 301 (ISSN 0316-0041 et 1492-1367, DOI 10.7202/1013729ar, lire en ligne, consulté le 27 juin 2018)
cite-note-33. Psychological Trauma, Brian Trappler, M.D, 2014
cite-note-44. chatillon2014emmanuel-chatillon2014Emmanuel Chatillon, TERRORISME "le pouvoir de l'intimidation", 2014 (ISBN 129192552X, présentation en ligne)
cite-note-harassment-55. (en) Harassment (Aggravated) Law & Legal Definition
cite-note-66. (en) Noose: ‘Shameful' sign makes ominous return, de Darryl Fears, Washington Post [1]
cite-note-77. (en) Legal Definition of Intimidate
cite-note-88. (en) Randall Collins, Violence: A Micro-sociological Theory (2009)
cite-note-99. The Psychology of Social Status, Joey T. Cheng, Jessica L. Tracy, Cameron Anderson, 2014, p. 5, p. 9, p. 104, p. 122, p. 204
cite-note-1010. Le harcèlement au collège: Les différentes faces de la violence scolaire, Dominique-Manuela Pestana, 2013
cite-note-1111. Sex, Power, Conflict : Evolutionary and Feminist Perspectives: Evolutionary and Feminist Perspectives,Oxford University Press, 1996
cite-note-1212. Northern Ireland. Community Relations Commission, Community Relations Commission, 1974
cite-note-1313. Conduites Agressives Chez L'Enfant: Perspectives Développementales et Psychosociales, Barry H. Schneider, Sébastien Normand, 2009, p. 64
cite-note-1414. mosher2015janet-mosher2015Janet Mosher, « Grounding Access to Justice Theory and Practice in the Experiences of Women Abused by Their Intimate Partners », Windsor Yearbook of Access to Justice,‎ 2015, p. 153 (lire en ligne [PDF])
cite-note-1515. stark2012evan-stark2012Evan Stark, « Re-presenting Battered Women: Coercive Control and the Defense of Liberty », Les Presses de l’Université du Québec,‎ 2012, p. 7 (lire en ligne [PDF])
cite-note-1-1616. stark2012evan-stark2012Evan Stark, « Re-presenting Battered Women: Coercive Control and the Defense of Liberty », Les Presses de l’Université du Québec,‎ 2012, p. 10 (lire en ligne [PDF])
cite-note-1717. Animal Behavior: Mechanism, Development, Function, and Evolution , Christopher J. Barnard Pearson Education, 2004, p. 395
cite-note-1818. Code criminel, LRC 1985, c C-46, art 423, <https://canlii.ca/t/ckjd#art423>, consulté le 2022-10-28
cite-note-1919. Warman v. Grosvenor, 2008 CanLII 57728 (ON SC)
cite-note-2020. Allan M. Linden, Lewis N. Klar & Bruce Feldhausen, Canadian Tort Law: Cases, Notes & Materials, 16th ed. (Markham, LexisNexis, 2022
cite-note-2121. Code civil du Québec, RLRQ c CCQ-1991, art 1457, <https://canlii.ca/t/1b6h#art1457>, consulté le 2022-10-16
cite-note-2222. Jean-Louis BAUDOUIN, Patrice DESLAURIERS, Benoît MOORE, La responsabilité civile - Volume 1 : Principes généraux, Éditions Yvon Blais, 2014.

Voir aussi

Bibliographie

• beaulieub-dardleboeuf2016marie-beaulieumarie-ve-b-dardroxane-leboeuf2016Marie Beaulieu, Marie-Ève Bédard et Roxane Leboeuf, « L'intimidation envers les personnes aînées : un problème social connexe à la maltraitance ? », Service social, vol. 62, no 1,‎ 2016, p. 38-56 (lire en ligne).

Articles connexes


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